Vinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.xVinaora Nivo Slider 3.x

Manifeste pour une Moselle bilingue

Le bilinguisme français-allemand, une exigence en territoire mosellan

 

 

La Moselle, une terre d’entre-deux.

 

La Moselle est depuis l’Antiquité une terre d’entre-deux aux plans géographique, historique, linguistique, culturel.

Terre d’ouverture au Bassin Parisien, à la vallée du Rhône ou à l’Alsace d’une part, mais également terre d’ouverture à l‘espace germanophone des régions belgo-luxembourgeoises ou allemandes d’autre part.

Cette double appartenance pose la question de la survie, de la réaffirmation de l’allemand, langue régionale historique et au-delà, de la définition de cette langue régionale et de l’articulation entre le dialecte et l’allemand standard.

 

Un germanisme deux fois millénaire. L’allemand, langue régionale historique.

 

La Moselle germanophone se situe dans l'aire des parlers germaniques et plus précisément allemands. Ce domaine, qui couvre l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse alémanique, la Belgique germanophone, le Luxembourg et les régions de Moselle et d'Alsace où on parle Ditsch/Platt, se caractérise par la présence de multiples dialectes ou parlers régionaux, souvent très différents les uns des autres, mais qui ont en commun un certain nombre de caractéristiques lexicales et grammaticales qui fondent leur unité. Ces dialectes constituent les langues vernaculaires encore très vivaces sur l'ensemble de ce territoire. L'allemand standard, encore appelé Hochdeutsch, est commun à tous ces territoires. Il est la référence normée de toutes ces langues et permet l'intercommunication orale et écrite malgré les différences. Parlers régionaux et langue standard sont donc intimement liés et des dimensions d'une même langue. Les dialectes allemands de Moselle, encore appelés dialectes franciques, sont situés dans l'aire des parlers « Mitteldeutsch » qui occupent de manière schématique les Länder allemands de Rhénanie-Palatinat et de Sarre. Sur le plan linguistique, la Moselle germanophone montre donc le même profil linguistique dans la relation dialecte/langue normée que ces territoires.

 

De la difficulté de nommer la langue régionale de Moselle.

 

Le qualificatif de « langue régionale » suscite en Moselle et en particulier en Moselle germanophone/thioise des interprétations diverses. La signification donnée à ce terme est essentielle pour définir la notion de bilinguisme, en particulier si on se place dans la perspective de développer un bilinguisme français-langue régionale dans un département tel que le nôtre. Or Culture et Bilinguisme de Lorraine – Zweisprachig unsere Zukunft (CBL) se fixe cet objectif et veut par le présent manifeste réaffirmer sa position quant à l'identité de la langue régionale en Moselle.

 

Une langue régionale à deux visages.

 

CBL fait sienne la définition donnée par le législateur dans l’arrêté du 27 décembre 2007 : « La langue régionale existe en Alsace et en Moselle sous deux formes : les dialectes alémaniques et franciques parlés en Alsace et en Moselle, dialectes de l'allemand, d'une part, l'allemand standard d'autre part. Le BO Hors-série n°2 du 19 juin 2003 précisait déjà : « L'allemand présente, en effet, du point de vue éducatif, la triple vertu d’être à la fois l’expression écrite et la langue de référence des dialectes régionaux, la langue des pays les plus voisins et une grande langue de diffusion européenne et internationale ». Cette définition préside d'ores et déjà à certaines mesures prises par l’Éducation Nationale pour l'enseignement de la langue régionale en Moselle et en Alsace où elle fait aussi largement consensus. Elle se situe enfin dans la perspective admise dans les pays de langue allemande.

 

Pour une définition inclusive de la langue régionale.

 

Les pourfendeurs de l'idée que l'allemand standard n'aurait jamais été langue d'usage en Moselle rejettent de ce fait l'allemand standard dans une identité de langue étrangère, au mieux de langue du voisin. C'est oublier l'histoire. Oublier que la Moselle germanophone faisait partie du bailliage d'Allemagne du Duché de Lorraine et avait pour langues l'allemand dialectal local et la langue normée pour l'écrit, langue officielle. Ce rôle de support pour l'écrit perdure au 19ème s. et une partie du 20ème s. On peut en trouver la preuve dans de nombreux écrits : documents privés et administratifs, compte-rendus de conseils municipaux, registres paroissiaux. A l'évidence certains mosellans germanophones d'alors maîtrisaient l'allemand. Par ailleurs, il y existait une presse en langue allemande jusquà la fin des années 80 du 20ème s. et dans les foyers on écoutait fréquemment la radio et regardait la télévision en allemand (et c'est encore le cas !). Les documents administratifs étaient présentés à l'usager en version bilingue français/allemand et les candidats aux élections diffusent encore aujourd'hui des professions de foi en 2 langues. Enfin, n'oublions pas les 50 années de l'annexion qui sont une partie de notre histoire et durant lesquels l'allemand devint pour 2 générations la seule langue officielle. Dans tous ces cas c'est l'allemand standard qui est employé. Cette langue a donc été historiquement présente dans notre région et l'est toujours.

 

Les dialectes contre l’allemand standard, une hérésie contre-productive.

 

Considérer que les dialectes mosellans (appelés Ditsch ou encore Platt) constituent la seule forme de la langue régionale, à l'exclusion de l'allemand standard, c'est enfermer ces dialectes dans une vision patrimoniale passéiste et folklorisante ; c'est les condamner à un appauvrissement inexorable, alors que dans les autres pays de langue allemande on observe un enrichissement réciproque de la langue vernaculaire et de la langue normée. Demander son enseignement (exclusif) aux pouvoirs publics est irréaliste si l’on considère les contraintes pédagogiques et organisationnelles qu'engendreraient un tel projet ; mais c'est aussi vouloir imposer, aux nombreux mosellans qui ne sont pas ou plus germanophones, l'apprentissage de ces dialectes en tant que langue étrangère.

 

Le bilinguisme français-allemand, un atout pour l’avenir.

 

La définition à laquelle s'associe CBL se situe dans une perspective d'avenir, régionale et transfrontalière sur les plans social, économique, linguistique et culturel. Elle vise à donner aux dialectes la chance de vivre et de leur trouver une justification par la connexion à l'allemand standard, grande langue européenne et à donner aux Mosellanes et Mosellans, jeunes et moins jeunes, les atouts de la réussite par l'outil d'un bilinguisme français-allemand.

 

Pour l’association Culture et Bilinguisme de Lorraine – Zweisprachig unsere Zukunft ,

28 mars 2020

Léon DIETSCH, Président

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de notre politique de confidentialité et l’utilisation de cookies destinés au suivi des visites sur notre site.