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Une frontière à dépasser: celle de la Moselle-Est… vue de Metz

 

J’ai vécu à Saint-Avold durant 45 ans, de 1955 à l’an 2000. Plus précisément à la cité Emile Huchet, une cité ouvrière des Houillères du Bassin de Lorraine. Le Platt étant ma langue maternelle, j’ai appris le français à l’école primaire comme j’aurais pu apprendre le chinois. Un enfant apprend facilement, sans même s’en rendre compte, disent les linguistes. Ce n’est pas une question de langue mais une question d’oreille…

C’est en arrivant à Metz, en l’an 2000, que j’ai véritablement pris conscience de mon identité est-mosellane.

A la Toussaint, j’ai demandé à ma fleuriste si elle pouvait me vendre des bougies qu’on met sur les tombes. Comme elle n’en avait pas, j’ai pensé un moment qu’elle était en rupture de stock… En fait, elle n’en vendait pas, parce que personne ne lui en demandait jamais… Je lui ai alors dit que je venais de Moselle-Est.

Un matin, à la boulangerie au coin de ma rue, la force de l’habitude m’a conduit à demander une schneck. « Vous voulez dire un pain aux raisins ? Oui, c’est ça, un pain aux raisins… »

La fleuriste et la boulangère ont fait de moi un Mosellan de l’Est…

Pour beaucoup de Mosellans francophones et de Français tout court, la Moselle historiquement germanophone est une terre inconnue dans laquelle ils n’osent pas trop s’aventurer et à laquelle ils ne comprennent trop rien. Beaucoup pensent qu’on y parle l’allemand en raison des annexions successives et certains pensent même que c’est déjà l’Allemagne…

Sur l’autoroute de l’Est, entre Metz et Saint-Avold, à hauteur de Boulay, deux panneaux indicateurs de rivières peuvent dérouter le voyageur. Le premier signale la Nied française et un peu plus loin un second panneau indique la Nied allemande. Le voyageur curieux reste songeur. Est-il entré en Allemagne sans s’en rendre compte ? Il n’aura pas de réponse sauf à interroger un membre de l’association Culture et bilinguisme

La frontière linguistique, invisible, passe entre les deux Nied. C’est là que débute la Moselle-Est. Un peu plus loin, les tours fumantes de Carling témoignent encore du passé industriel de l’ex-Bassin houiller lorrain où vivent près de 300 000 Mosellans…

Mais aujourd’hui, vue de Metz, la Moselle-Est n’est sans doute plus perçue comme une région où vivraient des Boches de l’Est. Entre les deux bassins de vie, les échanges sont multiples et dépassent les considérations linguistiques et culturelles. Les clivages historiques se sont heureusement estompés.

Avant la crise sanitaire, la ville de Metz organisait chaque année une semaine franco-allemande avec de nombreuses animations. La semaine s’appelait « Metz est wunderbar » (magnifique, merveilleux). Initiative heureuse qui traduit un changement de regard porté sur l’Allemagne mais aussi sur la ville de Metz et la Moselle en général.

 

Albert WEYLAND

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