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Nouvelles de la Lorraine germanophone - Nachrichten aus dem deutschsprachigen Lothringen

PARTICIPATION A UNE ÉTUDE SUR LE FRANCIQUE

UNIVERSITÄT DES SAARLANDES

Un projet encouragé par la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG) concernant l’étude des différents dialectes de la Sarre et des régions frontalières a commencé au printemps 2018 à l’Université de la Sarre : « Syntaxe du Francique rhénan et mosellan ». Notre association soutient cette démarche et servira de relais en France. Dans ce cadre ils cherchent encore des volontaires qui savent parler le dialecte de leur village et qui auraient envie de collaborer au projet.

 

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Présent et avenir des langues

Une question de civilisation
Gilbert Dalgalian

Présent et avenir des langues Gilbert Dalgalian

 

Voilà un profil de linguiste bien singulier. Gilbert Dalgalian ne se contente pas d’expliquer en détail les bénéfices d’un apprentissage précoce des langues et d’une éducation bilingue, il nourrit son argumentaire des apports des neurosciences, avec tout ce qu’elles nous révèlent sur nos émotions, notre mémoire, nos apprentissages – notamment ceux de la tendre enfance.

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Sale temps pour le bilinguisme

français-allemand… !

 

 

Éditorial :

Certification obligatoire en anglais :

des arrêtés qui déchirent…

 

Le 3 avril dernier étaient publiés deux arrêtés gouvernementaux qui stipulent que l’obtention du DUT, du BTS et de la licence sera désormais conditionnée par la passation d’une certification en anglais, obligatoirement.

Des arrêtés qui déchirent…

Qui déchirent, par l’affirmation de la suprématie de l’anglais, l’esprit du discours du Président Macron prononcé à la Sorbonne en 2017 dans lequel, il émettait le souhait que toute étudiante et tout étudiant français « maîtrise deux langues européennes en 2024 ».

Qui déchirent l’esprit et la lettre du Traité de coopération et d’intégration franco-allemand d’Aix-la-Chapelle du 22 janvier 2019 dans lequel il était dit que « Les deux États rapprochent leurs systèmes éducatifs grâce au développement de l’apprentissage mutuel de la langue de l’autre, à l’adoption, conformément à leur organisation constitutionnelle, de stratégies visant à accroître le nombre d’élèves étudiant la langue du partenaire, à une action en faveur de la reconnaissance mutuelle des diplômes et à la mise en place d’outils d’excellence franco-allemands pour la recherche, la formation et l’enseignement professionnels, ainsi que de doubles programmes franco-allemands intégrés relevant de l’enseignement supérieur. », que « Les deux États sont attachés à l’objectif du bilinguisme dans les territoires frontaliers et accordent leur soutien aux collectivités frontalières afin d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies appropriées. »,

Qui déchirent enfin l’engagement au quotidien d’enseignants, d’éducateurs, de politiques, d’associatifs, de collectivités, ... pour faire vivre la langue allemande dans l’espace frontalier et au-delà…, une langue qui risque d’être de moins en moins choisie, que ce soit dans l’enseignement supérieur ou secondaire, les étudiant.e.s, les élèves préférant sans doute in fine choisir la langue dont la certification leur sera imposée.

Puissent l’esprit d’initiative et la capacité d’indignation de ces derniers faire entendre raison au gouvernement afin qu’il revienne sur une décision délétère, qu’il respecte ses promesses - qui, il est vrai, « n'engagent que ceux qui les écoutent » comme le disait Henri Queuille - et fasse à la langue allemande, langue régionale en Moselle, grande langue européenne et langue du premier partenaire, la place qui lui est due, particulièrement dans l’espace frontalier.

 

Pour que vivent le bilinguisme et le plurilinguisme !

Léon Dietsch, président de Culture et Bilinguisme de Lorraine

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Des réactions et des actions : de la sidération à la colère

Une certification obligatoire en anglais catastrophique pour l’Alsace et la Moselle

Episode 1 – La sidération

Septembre 2019. Tout commence le 26 septembre, suite à la publication du dossier de presse du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Le Premier Ministre annonce son intention de conditionner la délivrance de la Licence, du DU et du BTS à la passation d’une certification obligatoire en anglais (évaluée par un organisme extérieur). Il faut naturellement y voir une mesure incitative en faveur de l’apprentissage de l’anglais, et donc au détriment de l’apprentissage de l’allemand, nombre de filières universitaires étant mono-linguistiques. Non seulement la décision gouvernementale menace d’assécher le vivier déjà maigre des étudiants germanistes, mais en plus, elle s’impose comme une véritable atteinte à l’identité des Alsaciens et des Mosellans et retentit comme un sombre présage pour les trois départements frontaliers dont l’économie est très largement tributaire des compétences linguistiques de la population locale.

Octobre 2019. Les acteurs de la communauté universitaire manifestent des élans de protestation sur la toile (communiqués d’associations nationales ou de conférences de doyens, pétition diligentée par des syndicats ou par des collectifs divers…). A ce moment-là, le cas de la langue allemande n’est pas spécifié et personne ne s’indigne du non-respect des articles 10 et 15 du Traité d’Aix-la-Chapelle. Laurent Garcia, Député de la Meurthe-et-Moselle, écrira à la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, afin de relayer l’inquiétude des universitaires.

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Ou… comment se tirer une balle dans le pied !

Un coup de gueule.

 

Mon petit fils, qui termine ses études d'ingénieur, a fait 2 séjours en Norvège, : un mois pour y travailler, et 3 mois de stage à Oslo. A son retour je lui demandais : « Tu as donc appris du norvégien ! » - « Pas un mot ! Si : bonjour, au revoir, pardon ! » - « Comment cela ? » - « Je n'en ai pas eu besoin, là-bas tout se fait en anglais !».

 

Et de fait, une partie importante de la population norvégienne parle couramment anglais. L'anglais est la langue de communication nécessaire avec les non-norvégiens. Les norvégiens l'utilisent même dans certaines circonstances entre eux et dans certains cercles il est devenu la langue d'usage.

 

Voilà comment petit à petit la langue nationale devient une langue de second rôle. Gageons que dans quelques décennies le norvégien sera devenu un dialecte réservé aux norvégiens, aux norvégiens des couches sociales modestes.

 

Et il en est ainsi de nombreux pays à faible population et dont les langues ne vont pas au-delà des frontières nationales : le danois, le néerlandais, le suédois, l'islandais, le letton et d'autres encore.

 

Oui certes, l'allemand et le français sont dans une situation différente : l'une est une grande langue européenne parlée dans plusieurs pays ; l'autre a même une audience extra-nationale ou internationale et surtout il existe des gens pour en défendre la pureté.

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