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L'Avent et Noël
L'Avent commence le 4ème dimanche qui précède Noël (Wihnacht/Weihnachten/Chéschtdach). Le week-end du premier dimanche de l'Avent marque le début des festivités: les marchés de Noël ouvrent leurs portent et l'on s'affaire dans les cuisines pour préparer les nombreuses spécialités typique de cette période de l'année
La Lorraine germanophone partage l'essentiel de ses traditions de l'Avent et de Noël avec d'autres régions germanophones, à commencer par les régions voisines (Sarre, Palatinat et Alsace) et les traditions locales sont la synthèse de traditions locales anciennes, de traditions importées à différentes époques par les immigrants tyroliens, souabes et suisses (après la guerre de 30 ans au XVème siècle), par les immigrants allemands (entre 1871 et 1918) ou alsaciens (ouvriers employés dans l'industrie sidérurgique ou les chemins de fer dans la vallée de la Fensch et à Yutz).
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|  DECORATIONS DE NOËL |  | On retrouve chez nous la tradition de l'Adventskranz (couronne de l'Avent), une couronne de sapin comportant 4 bougies. La première est allumée le premier dimanche de l'Avent. Chaque dimanche, on en allume une de plus. Les premières couronnes de l'Avent sont apparues au 16ème siècle mais l'Adventskranz tel qu'il existe aujourd'hui fut inventé par un pasteur de Hambourg à la fin du 19ème siècle.
L' Advendtskalender (calendrier de l'Avent), d'origine protestante, est une autre tradition de nos régions qui s'est répandue dans le reste de la France depuis une vingtaine d'années. À l'origine, on remettait chaque matin aux enfants une image pieuse comportant une phrase de l'Évangile ou une incitation à faire une bonne action. Par la suite, les confiseries remplacèrent les images. Le calendrier, qui peut être en bois, en tissu ou en carton, comportent 24 fenêtres prédécoupées qu'on ouvre progressivement chaque jour jusqu'à Noël. Elle contient une phrase de l'Évangile ou une confiserie.
Deux autres objets de décoration de Noël, typiquement germaniques, sont en revanche pratiquement inconnus dans la «France de l'intérieur» : la Weihnachtspyramide, sorte de crèche tournante en bois dans laquelle la colonne d'air chaud provoquée par la chaleur des bougies entraîne le moulin supérieur et fait se déplacer les personnages de chaque étages et le Nussknacker, le casse-noix en bois coloré représentant généralement des soldats.
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|  SAPIN ET BOULES DE NOËL |  La tradition du sapin de Noël (appelé Chrischbòom ou Winachtsbòom dans le pays de Sarreguemines, Chrischtbämle dans le Bitscherland, Chréschtbaam dans le pays de Nied ou le Pays des 3 frontières), apparue dès 1605 à Strasbourg, ne s'est diffusée de manière très rapide dans l'ensemble de la Moselle qu'à compter de 1871 selon Angelika Merkelbach-Pinck ( Sitte und Brauch aus Ostlothringen). La tradition était déjà en usage avant 1871 dans certaines zones proches de l'actuelle frontière allemande et celles sous forte influence protestante proches de l'Alsace (notamment le sud-est du Pays de Bitche et le Pays de Phalsbourg où existe des villages majoritairement protestants).
Traditionnellement, on décorait le sapin avec des fruits (notamment des pommes et des noix) mais en 1858 la rigueur de l'hiver avait entraîné une pénurie de fruits et un souffleur de verre de Goetzebruck dans le Bitscherland eu l'idée de souffler des boules de Noël en verre. Si le sapin de Noël est une invention alsacienne, les boules de Noël sont donc une invention mosellane dont la tradition est perpétuée dans les verreries de Meisenthal.
Dans les familles catholiques, le sapin est traditionnellement complété par une crèche (Kripp/Kréppchen). |
|  ALLE JAHRE WIEDER |  Autre tradition de nos régions de l'est, les marchés de Noël (Christkindelsmärk) sont apparus dès le XIVème siècle (le marché de noël à proprement parler apparaît à Strasbourg en 1570) sous l'appellation de «Sankt Nikolausmarkt» (“marché de Saint Nicolas“). La réforme protestante le rebaptisa «Christkindleinmarkt» (Marché du Christ enfant) pour combattre le culte des saints. En Moselle, on l'appelle Christkindelsmärk, Wihnachtsmärk, Winachtsdorf ou Chrëschtmaart.
On y vend des décorations de Noël, des objets artisanaux et de nombreuses spécialités sucrées comme les Dampfnudeln (pains soufflés à la vapeur accompagnés d'une crème chaude et liquide à la vanille et de cannelle ou d'une sauce de cerises chaudes) ou bien les amandes grillées et salées comme les Bratwurschte (saucisses grillées) ou les poêlées de champignons. On y boit aussi du Glühwein (vin chaud aux épices).
Bien que le concept du marché de Noël alsacien-mosellan ait fait des émules dans toute la France, on y retrouve rarement l'authenticité des marchés de l'est de la France.
Durant la période de l'Avent, églises catholiques et protestantes organisent des Krippenspiele, crèches vivantes qui rejouent les scènes de la Nativité, et des concerts de musique et de chants de Noël. En Lorraine germanophone, le répertoire traditionnel des chants de l'Avent et de Noël (Advents- und Weihnachtslieder) est presque exclusivement en allemand standard, langue traditionnelle des églises catholique et protestantes depuis près de 500 ans, et le plus souvent d'origine religieuse. Parmi les chants de Noël les plus connus, on trouve Oh Tannebaum (devenu en français "Mon beau sapin"), Alle Jahre wieder et Leise rieselt der Schnee.
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|  SPECIALITES DE L'AVENT |  La préparation des biscuits de Noël appelé Wihnachtsbreedle dans l'est de la Moselle, à Sarreguemines et dans le Bitscherland et Spritz plus à l'ouest est indissociable de l'Avent en Moselle et nous ramènent à nos souvenirs d'enfants. Il existe de multiples variétés de Wihnachtsbreedle: Zitronesternle (Etoiles au citron), Zimetsternle (étoiles à la canelle), Anisbreedle (Petits gâteaux à l'anis), Peffernusse (Petits gâteaux au poivre) Spritzgebackenes (Petits fours à la douille) et Vanillekipferle (croissants vanillés) pour n'en citer que quelques uns.
Trois autres pâtisseries sont typiques des fêtes de Noël dans notre région : le Lebkuche (pain d'épices), le Birweck (un pain aux fruits séchés et aux noix parfumé au Kirsch ou au schnaps de Mirabelle) et Chrischtstollen,dégusté le 25 décembre qui symbolise l'enfant Jésus enmailloté.
Durant l'Avent, on boit du Glühwein, vin chaud parfumé avec de la cannelle (Zimmet), des clous de girofle (Näggelche ou Gewirznelke), de l'anis étoilée (Sternanis) et de l'écorce d'orange (Orangeschal) bien différent du breuvage qu'on peut boire aux sports d'hiver. On boit également la bière de Noël (Weihnachtsbier) que l'on goûte la première fois à la Saint Martin
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|  LE CHRISTKINDEL |  Si aujourd'hui, les enfants attendent avec impatience la venue du Père Noël (Weihnachtsmann/Wihnachtsmànn), jusqu'aux années 50/60 c'était le Christkindel ou Chréschkéndchen (l'enfant Jesus), symbolisé (à l'instar de Sainte Lucie en Suède et chez les Finlandais suédophones) par une jeune fille vêtue de blanc et portant une couronne de bougies. Popularisée par l'église protestante pour contrer la Saint Nicolas, la tradition du Christkindel ne s'est pas substituée à la fête du Saint patron lorrain mais s'y est tout simplement ajoutée. Sankt Nikolaus et le Christkindel étaient deux personnages incontournables des fêtes de décembre en Lorraine germanophone.
Jusque dans les années 50, il était également courant le jour de Noël que les filles se déguisent en anges avec des ailes et des bougies et aillent de maison en maison en chantant des chants de Noël.
En application du droit local alsacien-mosellan et conformément à la tradition allemande, la Moselle a deux jours fériés pour les fêtes de Noël, le 25 décembre et le 26 décembre (Stefansdah/Steffensdach), fête de Saint Etienne (qui se trouve être aussi le Saint patron de la cathédrale de Metz.).
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