[Français] [Deutsch] 

Interrogations sur la pertinence d'une loi

09/12/2009 Journal du Pays Basque / Euskal herriko kazeta

"Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a de nouveau fait faux bon sur le dossier de la loi des langues dites régionales. Absent de l'hémicycle,  c'est le ministre de l'Immigration [le ministère le plus compétent donc...] Eric Besson qui a répondu à Martine Faure, députée et représentante du groupe d'étude sur les langues régionales, hier. Elle lui a demandé «si le Gouvernement compte nous soumettre un projet de loi destiné à maintenir et valoriser la diversité linguistique et, si tel est le cas, de nous donner une date précise». Et le ministre a joué avec l'ambiguïté.

Après être revenu sur les différentes actions menées par le Gouvernement en faveur des «langues de France», Eric Besson a déclaré : «le Gouvernement s'interroge sur la pertinence d'une intervention législative supplémentaire tant que toutes les possibilités existantes n'auront pas été explorées et appliquées».

Et a énuméré les risques qu'une telle loi engendrerait : «Il faut éviter les deux écueils que seraient, d'une part, le fait d'encombrer nos travaux par une loi purement déclarative et redondante, et, d'autre part, celui d'aboutir à texte qui, en ouvrant un droit positif en faveur de locuteurs particuliers, se heurterait au principe constitutionnel d'indivisibilité de la République et d'égalité devant la loi». Il a tout de même conclu : «Ces risques ne doivent pas, bien évidemment, nous empêcher d'avancer sur ce dossier. C'est pourquoi le Gouvernement réfléchit, dans un esprit de concertation (...) à la manière la plus adéquate de faire progresser cette exigence».

L'ancienne ministre de la Culture, Christine Albanel s'était pourtant engagée à créer une loi avant la fin 2009. Promesse restée sans suite. Mais cette fois non plus, les associations qui oeuvrent en faveur de l'euskara n'auront pas de réponse précise sur les intentions du Gouvernement. Et Ione Josié, représentante de Kontseilua conclut : «le Gouvernement français devra bien prendre ses responsabilités !».

                                                                                          ....................................................

Décidément si le gouvernement Fillon voulait s'aliéner l'ensemble des défenseurs des langues régionales à 3 mois des élections, il ne s'y prendrait pas autrement. Après les réformes du lycée et de la formation des enseignants qui constituent un véritable recul pour l'enseignement des langues régionales et en langues régionales, voici maintenant la reculade sur la promesse d'un statut pour les langues de France. Le ministre de la culture s'étant fait porter pâle, c'est le ministre le plus compétent en matière de langues régionales (celui de l'immigration...) qui a répondu à la présidente du groupe d'étude sur les langues régionales de l'Assemblée nationale pour annoncer que le gouvernement s'interroge sur la pertinence d'une intervention législative supplémentaire. Supplémentaire à quoi, on se le demande, il n'existe rien de concret à l'heure actuelle. De l'aveu du gouvernement, toutes les possibilités existantes n'auraient pas été appliquées et visiblement, cela ne l'a pas vraiment gêné jusqu'ici. Le gouvernement Fillon ne peut pas s'imaginer une loi autrement que purement déclarative, quel manque d'imagination... Cela fait maintenant plus de 60 ans que les gouvernements français de droite comme de gauche 's'interrogent' sur les meilleurs moyens de ne rien faire.

Quant à Frédéric Mittérand, toujours prompt à vanter les richesses de la chanson libanaise ou de la danse russe, il ne semble avoir que mépris pour les langues et cultures régionales qui comme le rappelle la constitution «appartiennent au patrimoine de la France ». Peut-être que le Christkindel devrait lui en apporter un exemplaire... Frohe Wihnacht Monsieur le ministre!



Site web créé avec Lauyan TOWebCliquez ici pour vous abonner à ce flux RSSDernière mise à jour : samedi 17 juillet 2010